L'Observatoire de l'Abitibi-Témiscamingue

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Cohésion, participation et démocratie , Développement social , Immigration , Autochtones

Parlons de racisme

— Mariella Collini

Dans la perspective d’améliorer le vivre-ensemble, la Ville de Val-d’Or a réalisé une consultation sur le racisme et la discrimination. À partir de quelques constats ayant attiré notre attention, prenons le pouls de l’opinion publique des gens rencontrés.

 




Le portrait a été élaboré à partir de sources documentaires scientifiques et publiques et de huit séances de discussion auprès de jeunes du secondaire (IV et V), de membres des communautés de Lac-Simon et de Kitcisakik, de personnes immigrantes ainsi que de gens d’affaires. Le portrait préliminaire a été validé et bonifié avec deux autres groupes de discussion.

L’OPINION GÉNÉRALE

Sans affirmer que la société valdorienne est raciste, la perception des personnes rencontrées – autochtones, immigrantes et allochtones –, appuyée par la documen-tation, montre que la réalité du racisme – et la discrimination qu’il induit – est bien présente à Val-d’Or, surtout envers les Autochtones.

Cela dit, cette réalité n’est pas perçue de la même manière selon le vécu et le ressenti. Les principales personnes concernées, qu’elles soient autochtones ou immigrantes, sont plus catégoriques pour affirmer l’existence du racisme, alors que les personnes non autochtones reconnaissent l’existence de préjugés raciaux, mais sont plus réticentes à reconnaître la présence de discriminations. Aussi, selon certaines observations corroborées par des travaux de la Chaire de recherche en immigration, ethnicité et citoyenneté, le racisme n’est pas une réalité « à sens unique », c’est-à-dire de la majorité envers les minorités, mais elle est aussi présente chez les minorités à l’égard d’autrui (majorité, autres minorités, etc.).

DES MOTS POUR LE DIRE

Plusieurs concepts clés associés au racisme font l’objet de définitions. Le portrait propose certaines définitions entourant le concept de racisme, de harcèlement discriminatoire, de profilage racial et de préjugé racial. Aussi, diverses définitions des manifestations que peut prendre le racisme sont exposées : le préjugé à caractère raciste, la discrimination, la ségrégation et la violence à caractère raciste.

LES MANIFESTATIONS DU RACISME

Concrètement, les actes racistes et discri-minatoires sont présents partout, comme en témoignent les personnes rencontrées. Les contextes cités comprennent le marché de l’emploi, le logement, les services publics, institutionnels et gouvernementaux, les lieux publics (écoles, commerces, arénas, etc.) de même que les réseaux sociaux.

Aux endroits où le racisme se manifeste, ce dernier s’exprime sous diverses formes. Les propos recueillis font mention de paroles mesquines et de commentaires désobligeants, de regards obliques, réprobateurs ou méprisants, d’intimidation verbale et physique et d’actes discriminatoires (ex. : lors de la recherche d’un emploi ou d’un logement). Le cumul des gestes et des paroles portés à leur endroit ainsi que des actes discriminatoires dont les personnes sont victimes affectent de manière négative leur qualité de vie, leur bien-être, leur santé ainsi que leur sentiment de sécurité.

LES MOTIFS DU RACISME

Les motifs de discrimination sont multiples. Pensons aux facteurs liés à l’appartenance ethnique ou culturelle (ex. : consonance du nom), à l’apparence (ex. : couleur de la peau) ou à la religion (ex. : port du voile). Il est aussi mentionné que la manière dont réagira une personne victime de racisme aurait également une influence sur la persistance des actes commis à son endroit. La méconnaissance de l’histoire autochtone, la peur de l’envahissement de même que la persistance de généralisations ou de préjugés au sein de la population peuvent aussi expliquer de larges pans du racisme, selon certains propos.

PRÔNER LE VIVRE-ENSEMBLE

De l’avis général, des actions de formation et d’éducation en continu, que ce soit pour lutter contre les préjugés, renforcer l’autonomisation (empowerment) des personnes vulnérables et favoriser la connaissance et la compréhension mutuelle entre les cultures constituent la pierre angulaire de la lutte contre le racisme. L’adaptation des services publics aux réalités autochtones et culturelles ainsi que la mise en place de mécanismes prônant le respect des droits sont aussi du nombre.

 

Source : Ville de Val-d’Or, Aperçu de la situation du racisme à Val-d’Or, en collaboration avec le Comité de lutte au racisme et à la discrimination, avril 2017. Le portrait est disponible auprès de M. Paul-Antoine Martel – Ville de Val-d’Or – coordonnées :  paul-antoine.martel@ville.valdor.qc.ca et 819 824-9613, poste 2247.

 



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