Depuis 1986, l’ISF en Abitibi-Témiscamingue est supérieur à la moyenne québécoise. Malgré des fluctuations annuelles parfois marquées, il s’est généralement maintenu autour de 1,5 enfant par femme, atteignant un sommet de 2,0 en 2009. En 2024, l’ISF s’établissait à 1,53, en diminution d’environ 6 % par rapport à 2023 (1,63)1.
Âge à la maternité en légère hausse
En Abitibi-Témiscamingue, l’âge moyen à la première maternité a légèrement augmenté pour atteindre 29 ans en 2024, demeurant toutefois inférieur à la moyenne québécoise, qui s’élève à 31 ans. À l’échelle des MRC, une fécondité plus tardive s’observe principalement dans celles où se trouvent les plus grands centres urbains. La MRC d’Abitibi-Ouest se distingue par l’âge moyen à la maternité le plus jeune (28,3 ans), suivie de près par la MRC du Témiscamingue (28,4 ans). Les groupes des 25 à 34 ans demeurent ceux où le taux de fécondité est le plus élevé dans la région.
Taux de fécondité selon le groupe d’âge de la mère et âge moyen à la maternité – MRC de l’Abitibi-Témiscamingue, 2021-2023
Groupes d’âge (%) |
Âge moyen |
|||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 15-19 | 20-24 | 25-29 | 30-34 | 35-39 | 40-44 | 45-49 | (ans) | |
| Abitibi | 0,7 % | 7,7% | 12,8% | 9,2% | 3,5 % | 0,5% | 0 % | 28,8 |
| Abitibi-Ouest | 1,3 % | 8,0% | 15,1 % | 8,8 % | 3.3 % | 0,3 % | 0 % | 28,3 |
| La Vallée-de-l’Or | 1,2 % | 7,6 % | 14,8 % | 11,6 % | 4,0 % | 0,7 % | 0 % | 29,0 |
| Rouyn-Noranda | 0,3 % | 4,1 % | 12,1 % | 9,7 % | 3,8 % | 0,6 % | 0 % | 29,9 |
| Témiscamingue | 1,1 % | 7,8 % | 12,5 % | 9,3 % | 2,6 % | 0,4 % | 0 % | 28,4 |
| Abitibi-Témiscamingue | 0,8 % | 6,6 % | 13,4 % | 10,1 % | 3,6 % | 0,5 % | 0 % | 29,0 |
Contexte familial en transformation
Le contexte dans lequel naissent les enfants en Abitibi-Témiscamingue reflète l’évolution des trajectoires familiales et la diversification de la population. En 2023, 75 % des mères vivaient en union libre, 18 % étaient mariées et 7 % ne vivaient pas en couple, comparativement à 64 %, 28 % et 8 % respectivement, 25 ans plus tôt2. Par ailleurs, 11 % des nouveau-nés avaient au moins un parent né à l’étranger, principalement au Cameroun, au Maroc, en France ou en Tunisie3.
Contraintes structurelles
Le report croissant de la maternité invite à examiner les intentions de fécondité des femmes sans enfant. Les données de l’Enquête sur les transitions familiales (ETF) révèlent un écart entre le désir d’avoir des enfants et les parcours de vie. En 2024, près d’une Canadienne sur deux âgée de 20 à 49 ans et sans enfant déclarait souhaiter en avoir4. Toutefois, les projets de maternité se heurtent fréquemment à des contraintes liées aux parcours scolaire et professionnel, à la stabilité d’emploi, au statut migratoire ou à la situation conjugale. Ces résultats montrent que la fécondité dépend autant des conditions sociales et économiques que des choix individuels, avec des effets possibles sur la qualité de vie des personnes et des familles.
ÉVOLUTION DE LA POPULATION
Le taux d’accroissement annuel de la population a fortement ralenti dans la région, passant de
0,6 % en 2024 à 0,1 % en 2025. L’Abitibi-Témiscamingue figure parmi les régions ayant connu les ralentissements les plus marqués au Québec⁵. Dans ce contexte, l’Abitibi-Témiscamingue se classe au 15ᵉ rang dans l’ensemble du Québec en matière d’accroissement annuel de la population.
Ce repli s’explique en partie par un solde naturel qui est demeuré négatif. Le nombre de naissances continue de diminuer, tandis que les décès augmentent sous l’effet du vieillissement de la population. Le solde naturel de la région s’est établi à −348 personnes pour l’année 2025.
Pour la même année, certaines MRC ont connu une diminution et une stagnation de leur population, notamment la MRC du Témiscamingue (−0,4 %) et celle d’Abitibi (−0,1 %), tandis que la MRC d’Abitibi-Ouest est demeurée stable (0,0 %). Cette situation s’explique principalement par une diminution du solde migratoire international et par des changements liés à l’immigration temporaire.