REPRENEURIAT

En juin 2025, Repreneuriat Québec a diffusé la mise à jour de l’Étude nationale du repreneuriat et des transferts d’entreprise au Québec. L’étude révèle que le taux de transfert de petites et moyennes entreprises (PME) au Québec a atteint, en 2022, un sommet depuis 2015, s’établissant à 4,8 %. Cela représente 9 365 PME, totalisant 144 000 emplois et avec des actifs et des revenus dépassant respectivement 37 G$ et 43 G$.

Entre 2021 et 2022, la croissance du nombre d’entreprises transférées (+12 %) est nettement plus appuyée que celle des nouvelles entreprises en démarrage (+0,7 %). Le repreneuriat se distingue par sa solidité : près de 3 entreprises sur 4 (73 %) sont toujours actives 7 ans après un transfert, comparativement à moins d’une entreprise naissante sur 2 (49 %).

Taux de survie des entreprises démarrées et transférées – Ensemble du Québec, cohorte de 2015
Entreprises démarrées Entreprises transférées
1 an 89 % 89 %
3 ans 68 % 89 %
5 ans 57 % 80 %
7 ans 49 % 73%

Le repreneuriat ne se présente pas de façon uniforme à l’échelle du Québec. En 2022, certaines régions ─ notamment la Mauricie, Chaudière-Appalaches et le Saguenay–Lac-Saint-Jean ─ ont accusé une diminution du nombre d’entreprises transférées. Inversement, l’Abitibi-Témiscamingue présente une tendance dynamique de repreneuriat, où le nombre d’entreprises transférées a augmenté (62 %) et où le taux de transfert, à 6,1 %, est le plus élevé au Québec.

Selon les tendances récentes de l’activité repreneuriale, les prévisions font état d’une croissance plus modeste des transferts d’entreprise au Québec en 2023 et 2024, avec environ 9 500 transferts annuellement. L’étude mentionne que le contexte d’incertitude économique, notamment occasionné par la politique commerciale américaine et ses répercussions sur les exportations, pourrait ralentir ou freiner le passage de l’intention à la concrétisation d’un transfert d’entreprise. Avec des milliers d’entreprises qui seront bientôt en quête de relève, l’enjeu de stimuler le repreneuriat requiert de nouveaux outils financiers, un soutien accru des services publics, de la formation, ainsi qu’une sensibilisation auprès de bassins de repreneuses et de repreneurs variés (jeunes, femmes, Premières Nations, etc.).

INDICE DE CONFIANCE DES ENTREPRISES

Un indice de confiance supérieur à 50 traduit un bel optimisme chez les propriétaires de PME quant à l’avenir de leur entreprise. Lorsqu’il passe sous ce seuil, le climat devient plus incertain et davantage de propriétaires ont tendance à être pessimistes. Un indice près de 65 indique que l’économie croît à son potentiel.

CONFIANCE DES ENTREPRISES

Au cours des 16 dernières années, l’indice de confiance des propriétaires de PME est demeuré généralement au-dessus de 50 en Abitibi-Témiscamingue, selon la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI). Cependant, après avoir atteint un creux en 2020 (38,0), le niveau de confiance est passé sous le seuil de 50 en 2024 et s’y est maintenu pour une deuxième année consécutive en 2025. Ainsi, l’indice de confiance des PME de la région s’est établi à 46,2 en 2025, soit un niveau légèrement sous la moyenne québécoise (47,7).

La diversité du tissu entrepreneurial des régions se traduit par une disparité du niveau de confiance des PME, illustrant un écart de près de 20 points entre les indices régionaux. Alors que cinq régions affichent un niveau de confiance plus élevé qu’ailleurs au Québec, l’Abitibi-Témiscamingue se situe en milieu de peloton (8e rang). Les droits de douane, les restrictions touchant les travailleurs étrangers temporaires et le climat d’incertitude économique figurent parmi les principaux facteurs qui contribuent à maintenir un faible indice de confiance, selon la FCEI.

LIMITES ET COÛTS D’EXPLOITATION

La pénurie de main-d’œuvre qualifiée est le principal facteur qui entrave la capacité des PME de la région à augmenter leurs ventes ou leur production. Le manque de fonds de roulement se positionne au deuxième rang, en progression d’un rang par rapport à 2024. Du côté des coûts d’exploitation, la pression s’est atténuée pour plusieurs postes, tant pour les PME de la région que pour celles du Québec. La baisse la plus marquée est notée pour les coûts d’emprunt, en raison de la diminution du taux directeur. Malgré cet allégement, les coûts d’emprunt demeurent une préoccupation importante pour les PME de l’Abitibi-Témiscamingue, se classant en troisième position derrière les charges salariales et les coûts liés aux assurances, qui arrivent en première position.

 

Sources : 1. Duhamel, M. Étude nationale du repreneuriat et des transferts d’entreprise au
Québec, 2015-2021 : le rapport détaillé – 2e édition, Observatoire du repreneuriat et Repreneuriat Québec, 2025.
2. Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), Baromètre des affaires – Rétrospective 2025 et Tableau de bord en ligne.